N°6bis - Les expériences alchimiques du Dr Salerno

Naples, 6 juin 2022 (Vous venez d’arriver ? Ce journal se lit comme un feuilleton. Pour bien suivre l’histoire, je vous recommande de commencer par la lettre N°1 en cliquant sur le lien suivant 👉https://tinyurl.com/macreature).

Ma créature
1 min ⋅ 06/06/2025

Ces "sculptures" ont été conçues dans la seconde moitié du XVIII e siècle, comme des outils d'étude, presque comme des planches anatomiques. Elles sont l’œuvre d’un certain docteur Salerno, un médecin anatomiste originaire de Palerme, qui les a réalisées sous la supervision du Prince Raimundo di Sangro, premier Grand Maître de la Franc-Maçonnerie napolitaine, passionné d’ésotérisme et d’alchimie. On raconte que les corps utilisés pourraient être ceux des domestiques du Prince, qui l’aidaient dans ses expériences alchimiques.

En 2008, des chercheurs de l’Institut d'Archéologie de l'University College of London ont révélé que ces «machines anatomiques» étaient composées de fibres de soie et de petits câbles métalliques enrobés de cire colorée. Les squelettes, cependant, sont bel et bien réels. L’étude ne précise pas si les organes conservés à l'intérieur des corps sont faux ou embaumés.

Source: Wikipédia

https://www.museosansevero.it/en/the-chapel-and-the-veiled-christ/the-anatomical-machineshttps://www.museosansevero.it/en/the-chapel-and-the-veiled-christ/the-anatomical-machines

D’après ce que j’ai lu sur internet, c’est encore pire!!! Les deux squelettes de la chapelle étaient, dit-on, les domestiques du Prince Raimundo di Sangro, celui dont la tombe repose juste au-dessus. Selon la légende, ils n’ont pas été exhumés mais sacrifiés par le docteur Salerno à des fins d’expérimentation.

Une solution à base de mercure aurait été injectée dans leur système vasculaire, de leur vivant, pétrifiant l’ensemble du réseau. Pas un simple exploit anatomique, mais un acte de cruauté déguisé en prouesse scientifique. Mais dans quel but ? Montrer ? Conserver ? Transcender la mort ? On ne sait pas. On ne saura jamais.

Il y avait aussi un fœtus. Un petit corps, placé entre les pieds du squelette féminin. Ce détail, je le trouve encore plus sinistre. Il n’était pas là pour la science. Il était là pour l’effet. Pour l’effroi. Une présence minuscule, coincée là, entre le mythe et l’oubli.

Mais dans les années 60, il a disparu. Volé. Par qui ? Et surtout, pourquoi ? Quel collectionneur voudrait d’une telle pièce dans son cabinet de curiosités ? Rien que d’y penser, j’ai la nausée.

Ma créature

Par Arnaud Dandoy

Je m’appelle Arnaud Dandoy. Je suis criminologue au Muséum d’Histoire Surnaturelle, aussi appelé Surnateum — un cabinet de curiosités dédié aux formes anciennes de magie, aux savoirs occultés, aux forces invisibles qui traversent nos civilisations depuis l’aube des temps. Mon métier : élucider des affaires. Certaines trouvent une explication rationnelle. D’autres non.

Ce qui m’attire, ce sont les connaissances interdites. Les mythes. Les légendes. Les superstitions. Tout ce que l’humanité a refoulé, mais jamais oublié. J’enquête dans des univers parallèles, des marges, des zones grises. À la frontière du réel.

De 2013 à 2020, j’ai vécu en Haïti. J’y ai étudié les processus de zombification. J’ai suivi la trace des lougawou — les loups-garous du monde créole. Depuis cinq ans, je vis en Tunisie. J’y poursuis une autre obsession : la possible localisation de l’Atlantide. Une cité engloutie. Un vestige enfoui.

Mais récemment, une autre affaire s’est imposée à moi. Une disparition ancienne. Celle d’une petite fille nommée Elena Adelaïde Shelley, morte à Naples en 1820. Une énigme discrète. Presque oubliée. Et pourtant centrale.

C’est cette enquête que je raconte ici. Une affaire qui m’a conduit dans l’ombre du monstre de Frankenstein. Et peut-être jusqu’à moi-même.